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Le blog du Cercle Entreprises et Santé

Santé – Bien commun

‘’Santé – Bien Commun’’, un pari (im)possible dans la conduite de l’économie et des organisations ?

25 avril 2020 Par Anne-Marie de Vaivre et Jacques Bouvet

Fin août 2017, –  alors par temps calme, et bien avant tous les bouleversements et la pandémie que nous vivons -,  lors de la consultation organisée par le gouvernement français en préparation de la loi PACTE, loi en Plan d’Action pour la Croissance et la Transformation des Entreprises, finalement promulguée le 22 mai 2019, le Cercle Entreprises et Santé, appuyé par l’IAS et son président le Pr Jean-Marie Peretti, proposait le principe de « Santé – Bien commun » comme une ligne directrice essentielle du pilotage des activités économiques sous toutes leurs formes, privées, publiques et associatives. Sans écho.

Trois ans après, dans une tourmente mondiale sanitaire accélérée, bientôt aussi économique et sociale, comment désormais intégrer pour le futur, et durablement, pour la configuration et le pilotage des organisations, le principe fondamental de préservation de la santé de tous, – santé collective, santé-travail, santé globale – ? Alors que l’OIT, l’Organisation Internationale du Travail l’annonce clairement sur son site,  avec mondialement quatre emplois sur cinq impactés par la pandémie de coronavirus, ‘’the world of work is being profoundly affected by the global virus pandemic. In addition to the threat to public health, the economic and social disruption threatens the long-term livelihoods and wellbeing of millions [billions ..]’’..

Comment, dans l’état de  surprise, émotion, et aussi de sidération qui est celui de nos institutions aujourd’hui face à la crise sanitaire et économique du Covid 19, peut-on intégrer durablement cette valeur forte de la Santé-Bien Commun dans nos organisations ?

Dans l’urgence, l’action essentielle s’est portée sur l’organisation des soins et le soutien des soignants, promouvant la sympathie-solidarité pour faire tenir bon au front des soignants, endiguer le débordement des hôpitaux, au prix même du sacrifice des personnes en EHPAD.  Confinements, masques, contrôles,  un arsenal de moyens divers a été mobilisé.

En même temps s’est engagé un immense effort de recherche : recherche sanitaire surtout et d’abord,  mais aussi recherche comportementale et organisationnelle.  Au-delà et à partir de ces deux mouvements, celui de l’urgence, et celui de l’intensification de la recherche, comment préparer l’avenir ?

Après les ébranlements du début de crise, avec l’accélération des bouleversements économiques et sociaux, le séisme se prolongera dans une évolution accélérée des modes de pensée et des modes de vie, évolution qui s’inscrit déjà profondément dans les pratiques et les programmes de santé et de luttes contre le coronavirus : trackings, accès aux dossiers personnels et données personnelles, suivi des proximités et des contagions, par exemple, avec le lourd dilemme :  protection prioritaire des données personnelles contre les accès tiers, ou bien facilité d’accès par les tiers. Sans abuser de positions extrêmes, un équilibre existe sans doute, une sorte de compromis éthique vers la Santé-Bien Commun, compromis adapté aux mœurs et donc par essence non universel.. La gravité et la mondialisation de la pandémie Covid19  vont mettre en lumière des incidences sur les « succès » contre la maladie liés aux choix de ces équilibres  ‘protection-accès’.

Il nous faudra dépasser l’actuelle – inévitable et difficilement vivable – injonction contradictoire dans laquelle nous sommes plongés et qui marque aujourd’hui de son ambiguïté l’attention aux conditions de travail  et de vie :‘’restez chez vous’’ et en même temps, ‘’poursuivez vos activités économiques’’…

L’accès à la Santé-Bien Commun  est un chemin à revisiter :  il va devoir surmonter, outre la crise sanitaire, l’intense impact économique qui a déjà provoqué ses premières victimes.¢

20 avril 2020
 Jacques Bouvet, administrateur de sociétés, Président du Cercle Entreprises et Santé
Anne-Marie de Vaivre, experte en prospective opérationnelle, TITANE ITCWS,
co-fondatrice du Cercle Entreprises et Santé

Santé – Bien commun

Article dans le n°28 de
Question(s) de Management 
(editions EMS)

Post-crise et renouvellement des organisations

Post-crise  et renouvellement des organisations

Renouvellement des organisations :
demain, le rôle crucial de la fonction commerciale

24 avril 2020 par Anne-Marie de Vaivre et Jean-Loup Schaal

Tsunami’, ‘rien ne sera plus comme avant’, ‘on ne reviendra pas au ‘normal’, ‘quatre emplois sur cinq vont être mondialement impactés’ (récent rapport de l’OIT) : le consensus est général, et mondial, pour décrire et annoncer un bouleversement total des organisations à la suite de la crise sanitaire, en train de se doubler et de s’amplifier d’une crise économique majeure, destructrice de richesses et d’emplois. La crise venant frapper business models, modes de rentabilité, conditions de survie et de rétablissement pour les entreprises, – et donc mettant en jeu tous types d’emplois, y compris à terme l’emploi public.

Si la pertinence, la force et aussi le contrôle de l’intervention et de l’appui publics apportés par les gouvernements vont être cruciaux pour permettre un redémarrage économique, l’une des fonctions des entreprises va devoir faire l’objet de préparation, d’entrainement et de  redynamisation bien pensés de la part des directions : la fonction commerciale.

C’est cette fonction  commerciale qui va conditionner le retour du chiffre d’affaires, car comme dit le bon sens populaire, à quoi sert de fabriquer des voitures ou des équipements s’ils ne sont pas achetés par les clients – et donc s’il ne sont pas promus et vendus par une force commerciale et marketing efficace, alors même que simultanément, ce seront les conditions mêmes de fonctionnement des marchés qui auront changé : moindre pouvoir d’achat, changements drastiques des attentes et des critères des clients potentiels, concurrence encore plus féroce, aiguisée par l’impératif de vendre pour survivre.

Certes, ce seront toutes les fonctions et tous les fonctionnements des entreprises qui vont être à repenser et remettre en action, avec les pressions de tous bords et les reconfigurations plus ou moins profondes de marchés, marchés de consommateurs comme marchés industriels – les tendances de fond déjà en cours ces deux dernières décennies  venant aussi restructurer le tout.

Les marchés tels qu’ils se présenteront permettront-ils de conserver l’activité et les postes et emplois antérieurs ?  La fonction commerciale sera essentielle pour le dire et pour reconstruire durablement l’activité des entreprises.

« Rien ne sera plus comme avant » prédisent de nombreux experts. Mais les avis divergent dès que l’on évoque les futures pratiques des acheteurs : pour les consommateurs, certains imaginent qu’une certaine euphorie va accompagner le déconfinement et que la consommation va connaître une envolée, conséquence des privations : magasins, restaurants, bars, spectacles …  D’autres  à l’inverse envisagent une forme de repli de la consommation, ‘vers la sagesse’, les réflexes acquis d’autarcie et de repli perdurant, dans un repli mû aussi par une baisse des possibilités financières pour nombre d’entre les consommateurs … A un autre niveau, il en sera de même pour les acteurs et secteurs professionnels.

Quelles seront les conséquences pour les commerciaux ?

Confinés pendant deux mois, pour la majorité d’entre eux, souvent sans activité, sans lien avec des marchés et des acheteurs qui auront eux-mêmes changé, pris d’autres habitudes personnelles et professionnelles, ils vont devoir reprendre la route ou leur poste sédentaire. Et ils vont devoir s’adapter à une demande devenue différente, et à des changements profonds de comportements et de pratiques, d’attentes et de craintes relationnelles.

Il va falloir les aider, les armer, les protéger, et en même les dynamiser,  car ils vont désormais être au premier front  avec les questions,  et aussi les angoisses  de leurs anciens et de leurs nouveaux clients,  et avec toutes les incertitudes de marché.

Oui, les risques psychosociaux des commerciaux sont  et vont etre une réalité, et une réalité aux contours et moteurs nouveaux  dans cet univers aux nouveaux critères flous d’incertitudes, et oui, il va falloir les aider à « faire avec », à surmonter leurs propres peurs et leurs propres anxiétés pour précisément apporter à leurs clients le calme, l’esprit positif et l’ouverture à l’avenir qui sont nécessaires aux transactions commerciales.

Dans le secteur BtoB, – avec des disparités considérables selon les secteurs et les marchés, entre l’achat de matières premières ou de consommables et l’achat d’équipements nouveaux -, une majorité d’entreprises aura essuyé des pertes considérables,  devra revoir les budgets et réduire les frais de façon drastique. Ce qui aura un impact fort sur les stratégies  et les comportements d’achat.

Les équipes commerciales auront alors à faire face à de plus en plus d’exigences de la  part des acheteurs : pressions bien sûr sur les prix, concurrence féroce aidant / nombre d’équipementiers français sont dès maintenant soumis à une pression concurrentielle très forte de fabricants de Chine qui cassent les prix pour reprendre des marchés/,  mais aussi pressions d’autres critères : pression du ‘on-line’ – tout ce qui peut se faire en ligne ne se fera plus autrement, pour les acheteurs professionnels, comme pour les consommateurs ; temps de réponse attendus plus courts encore – ce qui impliquera de revoir profondément et d’accélérer le cycle commercial de vente ‘ancien’, entre commerciaux itinérants et sédentaires ; demandes d’interactivité et de réactivité/adaptation toujours plus importantes, sans compter aussi la reconfiguration des offres et les garanties à apporter, et d’un relationnel autre avec les acheteurs.

En temps de crise, et après une crise, les tentations des décideurs peuvent être de relancer leurs troupes commerciales ‘comme avant’, dans les logiques anciennes, avec les états d’esprit anciens, et sans prendre en compte les nouveaux risques et les nouvelles vulnérabilités : avec de facto une prise de risque maximale.

Alors que pour faire face à ces défis, c’est plutôt une stratégie nouvelle, combative et humaine, pensée à l’aune des nouveaux défis, avec une redynamisation spécifique forte des équipes commerciales qui devrait s’imposer, dans chacune des étapes  nécessaires de reconstruction après  bouleversement :

  • faire face au défi, et apporter les premières mesures et solutions nécessaires, avec une détermination positive- 
  • préparer et construire la résilience, reconstruire et renforcer, par la formation et le soutien, les ressources, les compétences et les capacités dynamiques des équipes,
  • et refondre/réformer,  réimaginer  et remettre en action les fonctionnements et les dynamiques désormais adaptés, ce phasage s’appliquant aussi au commercial et au relationnel client.

Ces phases-là se développeront aussi avec les équipes commerciales.

Pratiquement, demain, les responsables d’entreprise vont être confrontés à un choix  immédiat, porteur ou non d’avenir pour la lourde tâche des commerciaux  dans le redémarrage de nos activités économiques :

  • Soit savoir réunir les vendeurs pour les aider à comprendre les évolutions probables et possibles de leur marché et intégrer les bons réflexes à adopter pour recréer un climat de motivation autour d’objectifs actualisés et réalistes. Même en digital, cela représentera des charges C’est pourtant un impératif à l’issue d’une longue période d’inactivité et d’anxiété.
  • Soit faire l’impasse pour des raisons budgétaires et prendre le risque d’un lent et difficile retour à un niveau acceptable d’activité en passant à côté des évolutions dans les habitudes d’achats..

Après une longue période d’inactivité dans la majorité des secteurs, demain les gagnants seront ceux qui auront mis en place le plus rapidement possible des stratégies combatives et adaptées, et permettant de comprendre et de dépasser les nouvelles fragilités .

24 avril 2020

  • Jean-Loup Schaal, associé fondateur de TITANE ITC WS, expert en stratégie commerciale
  • Anne-Marie de Vaivre, experte en prospective opérationnelle, TITANE ITCWS,
    co-fondatrice du Cercle Entreprises et Santé


Article dans le n°28 de
Question(s) de Management 
(editions EMS)

Valeur Santé et Données de Santé

‘’Valeur Santé et Données de Santé »

‘Impact – santé’ et ‘ressource -santé’ des activités économiques et des entreprises :pour une meilleure prise en compte de la valeur fondamentale ‘santé citoyenne’

21 mars 2020 par Lina Gentile-Barouhiel et Anne-Marie de Vaivre

En cette année 2020, l’économie mondiale et l’ensemble des entreprises, activités et chaines de valeur, sont atterrées, au sens propre, par une pandémie, atteinte sanitaire humaine d’ampleur aujourd’hui incommensurable dans ses impacts, humains, sociaux, sociétaux, économiques.

Démontrant à l’envi que santé économique, santé publique, santé individuelle, santé au travail .. sont ‘inexorablement’ et inextricablement liées.

A côté de dizaines, voire de centaines de milliers de vies humaines perdues, demain peut-être davantage encore,  les coûts économiques prévisibles immédiats de la crise sanitaire en cours ont été chiffrés par nos gouvernants en milliards, en trillions –  mais peut-on seulement les prévoir en ce début de crise ?..

Depuis 2006, le Cercle Entreprises et Santé lit et lie ces préoccupations en ‘santé intégrée’, à l’aune internationale de l’évolution et de l’avenir de la relation au travail,  et des impacts réciproques Santé – Travail – Environnement, pour redonner à la santé toute sa place dans la création de valeur de l’entreprise.

Pourtant, les tendances majoritaires des dernières décennies étaient à enclaver la Santé au Travail, perçue comme une contrainte réglementaire voire  judiciaire dans un monde du travail de plus en plus tertiarisé, aboutissant à diluer la nécessité de la prévention, pourtant mieux active antérieurement dans le monde industriel.

Avec la crise pandémique que nous connaissons, la réalité de la santé et du risque sanitaire s’est brusquement imposée  pour tout un chacun, citoyen, travailleur, dirigeant, gouvernant : à tous au quotidien, par confinement et révolution de modes de vie,  et aux dirigeants dans leurs choix, en éthique comme en décisions organisationnelles et opérationnelles, voire vitales, pour la vie de leurs salariés, comme de leur entreprise.  A tous comme valeur précieuse et unique, fondatrice de toute activité humaine, sociale, économique  et professionnelle.

  • Et si la qualité de santé, la ressource-santé et l’impact santé étaient (enfin) perçus comme des facteurs primordiaux dans tout fonctionnement socio-économique, dans toute performance d’entreprise ou organisation, publique ou privée ? Une nouvelle conscience collective, individuelle, institutionnelle est en train de naître en ce sens.
  • Et si, pour mieux maîtriser l’impact comme pour mieux maîtriser la ressource essentielle de ce que l’on appelle le ‘capital humain’, l’on profitait de cette crise pour inciter les organisations/ macro (gouvernements) – méso (secteurs, territoires) – micro (entités professionnelles)…/ à mieux et continûment prendre en compte, suivre, tracer l’état de santé de nos concitoyens, – leur vulnérabilité et leur résilience-, dans l’environnement, et dans les conditions de travail qui sont les leurs, en aidant et incitant les personnes à connaître elles-mêmes, suivre et tracer leur  état de santé , pour individuellement, et collectivement, mieux prévenir et faire face aux crises et accidents possibles ?

L’on se rend compte aujourd’hui que des data de santé accessibles et traçables sont indispensables, – pour anticiper et gérer les situations de crise et d’urgence, mais aussi, en vitesse de croisière, pour la prévention et le suivi individuel efficace des personnes, comme pour les études épidémiologiques en grandeur réelle nécessaires pour éclairer les politiques de santé publique, de santé globale.

Partout dans le monde, les dispositifs sont mis en place, sont en train de se structurer, sur la base aussi de nouveaux outils de suivi IT – IA.

Qu’en est-il en France ? De quels outils dispose-ton pour analyser et suivre la « ressource-impact santé », en dehors des études scientifiques médicales et épidémiologiques par cohortes, – par définition sur échantillons ?

  • Côté ‘santé civile’,  le DMP, le Dossier Médical Partagé, – instauré théoriquement depuis des années et  relancé fin 2018  ’ –,  peine à s’inscrire dans la réalité : 9 millions de dossiers ouverts à fin février 2020 ..pour 67 millions de citoyens ;  avec combien de dossiers réellement opérationnels ?  Le DMP  parait  pourtant indispensable, à encourager et systématiser, pour précisément tracer l’évolution de l’état de santé des personnes, et en tirer, au niveau de la personne, comme en épidémiologie, les enseignements nécessaires. Un ‘dossier pharmaceutique’  existe bien déjà .. pour 40 millions de personnes, – récemment encouragé par le rapport 2020 de la Cour des Comptes, mais c’est un dossier ‘fermé’, accessible aux seuls professionnels et instances de la pharmacie,  institutions de contrôle, et aux industriels de la pharmacie.
  • Côté ‘hospitalier’ , par lequel risque malheureusement de passer une foultitude de nos concitoyens pris dans cette pandémie, les dossiers des patients hospitalisés sont de plus en plus interopérables entre établissements et autres dossiers spécialisés (imageries et analyses médicales).  Pourtant, même après la loi Kouchner (2002), les informations et data de ces dossiers ne sont pas aisément accessibles aux citoyens .. et pas du tout aux médecins du travail.
  • Côté ‘santé travail’, existe légalement pour chaque salarié, depuis 1970, un DMST, Dossier Médical en Santé Travail, pour la visite médicale d’embauche, les aptitudes-inaptitudes, les visites médicales ou infirmières périodiques tout au long de la vie professionnelle : peu ou prou doivent exister légalement des DMST pour les 24 millions de travailleurs : 18 millions pour les salariés ‘de droit commun’, – suivis pour 16,5  millions par les Services Inter-entreprises de santé au travail, pour un peu plus d’un million par les Services Autonomes des plus grandes entreprises – ; et  pour 5 à 6 millions par les services de santé au travail des fonctions publiques .. avec un grand vide, souvent, pour les travailleurs indépendants dont la population est croissante.

Mais où en est-on exactement ?  A-t-on jusqu’à présent écouté et aidé suffisamment les médecins et professionnels de ces services de santé au travail pour rendre ces dossiers effectifs, utiles au-delà des certificats d’aptitude et inaptitude ? Des bilans, ou des points d’étape sectoriels seraient bien nécessaires. 

En  vision santé ‘citoyenne’, santé-globale des personnes, dont les gouvernants aujourd’hui  et autorités sanitaires comme tout un chacun touchent du doigt le côté indispensable, les efforts de coordination des analyses de risques-santé et des diagnostics-santé sont à intensifier, en intégrant mieux les éclairages, les apports et les données de santé-travail :  l’état de santé des personnes, des travailleurs de tous statuts en tant que personnes,  mérite bien  un vrai suivi,  global et coordonné par tous professionnels de santé, médecins et praticiens de ville, médecins et praticiens hospitaliers et spécialisés,  médecins et infirmiers du travail.

Et si la voie de l’avenir, pour préserver au mieux cette « ressource-impact » qu’est la santé globale, essentielle pour la société et les sociétés, était celle d’une vision citoyenne et intégrée des approches en santé,  et d’une vraie coordination entre acteurs ?  médecine/ santé  ‘de ville’  et médecine / santé – travail,  médecine santé hospitalière et médecine-santé de laboratoires .., en utilisant, aussi de façon intégrée, les ressources des traitements en IA des données massives en santé permises par cette coordination.

C’est à la fois un dialogue opérationnel qu’il convient aujourd’hui de légitimer et de pratiquer, entre professionnels de santé au travail, et professionnels de santé ‘civile’, hospitalière, et environnementaleet c’est une interopérabilité des sources de données, DMP, DMST … qu’il faudrait aussi faciliter par la mise en place d’outils numériques partagés et élaborés  autour d’un cahier des charges coconstruit en santé globale.

Au plan européen,  neuf programmes de recherche sont en train de se mettre en place autour du concept d’exposome – la ‘somme des expositions à risques de santé’ qu’aura pu vivre un individu au cours de son existence, expositions à risques environnementaux, risques professionnels .. qui  vont définir son profil personnel de vulnérabilité et de résilience, à côté du génome, son profil génétique.  Au niveau de la recherche, les visions intégrées de la santé progressent : il serait bien qu’il en soit de même au plus tôt,  sur le terrain, pour la santé quotidienne des personnes,  et pour la santé ‘citoyenne’ globale. 

En bout de chaine du traitement et de la valorisation-recherche et  valorisation-guidage des  données massives de santé, le Health Data Hub France récemment créé à fin 2019 devra permettre cette coordination sécurisée des data. 

En amont, c’est une vision globale, systémique et citoyenne de la santé, et une vraie coordination des données, des pratiques et des acteurs de santé qu’il est nécessaire de faciliter et d’organiser :  les institutions, à la base comme au sommet, ont leur rôle à jouer,  et aussi, au sein des entreprises et organisations, les partenaires sociaux, employeurs comme organisations syndicales.     

21 mars 2020

Anne-Marie de Vaivre, Co-Fondatrice du Cercle Entreprises et Santé,
VP IAS, Partner TITANE ITCWS

Dr Lina Gentile-Barouhiel, spécialiste en Santé au travail,
Médecin du Travail secteur Distribution Presse et secteur hospitalier ;
membre des commissions nationales Affaires sociales Pénibilité, RPS.
Membre du Cercle E & S.


Article dans le n°27 de
Question(s) de Management 
(mai 2020 – accessible sur le site de cairn info)
(editions EMS)

Présentation du Cercle Entreprises et Santé

Enquete

Santé-Bien commun-Contribution au PACTE

SANTE-BIEN COMMUN
CONTRIBUTION AU PACTE

Le Cercle Entreprises et Santé
participe au mouvement national de réflexion
sur la transformation des entreprises et des organisations,
et la place de l’Intérêt Général et de la Santé – Bien Commun
dans la dynamique de leur mission et de leur fonctionnement

Notre proposition :
Meilleur positionnement et meilleure visibilité des enjeux de santé,- désormais ‘’Bien Commun’’ reconnu mondialement -, au cœur des performances des entreprises et organisations et de leur responsabilité sociétale

Dans le mouvement en cours, national et international, de réflexion et de consultation sur la responsabilité sociétale et la transformation légale des entreprises et des organisations, Jacques BOUVET, Président du Cercle Entreprises et Santé Anne-Marie DE VAIVRE, co fondatrice et animatrice du Cercle, ont formulé la proposition ci-après de prise en compte de la Santé Bien Commun et de l’Intérêt Général dans la finalité générale comme dans la gouvernance et le fonctionnement  des entreprises / sociétés  comme de toutes organisations d’activités économiques. (La proposition – en fait trois propositions complémentaires, a été déposée sur le site gouvernemental du PACTE,  Plan d’Action pour la Croissance et la Transformation des entreprises, et vont faire l’objet de présentations en direct en audience auprès des responsables politiques et ministériels en charge du projet).

La Santé(et singulièrement la Santé-Sécurité au Travail), est une valeur fondamentale unanimement reconnue, en même temps que c’est une attente forte des parties prenantes des entreprises et organisations (parties prenantes internes, i.e. salariés, management, mais aussi parties prenantes externes, clients, fournisseurs et sous-traitants, comme aussi riverains, collectivités..).

En un mot, un « Bien Commun ».(cf. discours du Président Macron à Davos), élément fondamental  de l’intérêt général qui devrait s’imposer comme finalité à toutes organisations, et élément structurant de la responsabilité sociétale des entreprises et organisations, spécialement pour la partie « Santé-Sécurité au Travail »

  • Pratiquement, notre proposition appelle une gouvernance des entreprises et organisations prenant systématiquement en compte la santé comme bien commun, et la santé au travail comme élément central de leur responsabilité sociétale,

Notre objectif Cercle  est d’aider à mieux intégrer la SANTÉ-BIEN COMMUN et plus globalement l’INTERËT GENERAL dans les finalités et le fonctionnement des entreprises et organisations,( et ce de façon harmonisée  pour toutes entreprise, sociétés commerciales et organisations d’activités économiques sous tous statuts, à la fois la prise en compte systématique de l’intérêt général  et celui des parties prenantes , particulièrement au regard de la Santé Bien Commun,  cela pour toutes organisations.

Les réflexions actuelles du gouvernement, du parlement et de grandes institutions prêtent  de plus en plus attention aux attentes et expressions des parties prenantes économiques et associatives, et de certaines entreprises elles-mêmes,  de voir évoluer la mission, et donc l’objet social des entreprises/sociétés : initialement  en proposant de créer  une nouvelle catégorie d’entreprises  ‘entreprises objet social élargi’  (« Ouvrir la possibilité aux entrepreneurs qui le souhaitent d’adopter un objet social élargi »)

Ainsi, notre proposition « Cercle  E & S » s’articule en trois points :

  • Intégrer légalement des visées de prise en compte de l’intérêt général, et particulièrement de la Santé-Bien Commun, dans le projet d’entreprise et  dans  la gouvernance des entreprises et organisations
  • Aligner /harmoniser toutes les entités économiques (privées, publiques, commerciales, associatives, .. y compris les fonctions publiques et le secteur public) dans la même obligation de prise en compte de l’intérêt général et de leurs parties prenantes, dans leurs finalités et fonctionnements
  • Clarifier et structurer la définition, la mesure et l’appréciation de la performance de toutes entreprises et organisations autour certes, de leurs performances économiques et financières, mais aussi autour de leurs performances sociétales (environnement, sociales, et en termes d’impact santé), et ce sur toute la chaîne de création de valeur
Anne-Marie de Vaivre Jacques Bouvet
am.devaivre@cercle-entreprisesetsante.com j.bouvet@cercle-entreprisesetsante.com

Lire la note de proposition complète (PdF)

Proposition 1  sur site PACTE
Intégrer la visée Intérêt Général et Santé-Bien commun  dans la gouvernance de toutes entreprises et organisations
Proposition 2  sur site PACTE
Aligner toutes entités économiques de tous statuts (y c public) dans la même obligation de prise en compte de l’intérêt général

Proposition 3 sur site PACTE
Clarifier l’appréciation de la performance des entreprises et organisations dans un équilibre performances économiques et sociétales